Les diamants de conflit aujourd’hui

Au sein de l’industrie du diamant, certains aiment à dire que les diamants du conflit n’ont jamais représenté plus que 4 % du total de la production mondiale de diamants et qu’aujourd’hui, ils n’en représentent qu’une fraction de 1 %. Toutefois, du milieu à la fin des années 1990, les diamants du conflit représentaient jusqu’à 15 % du total mondial — un chiffre qui s’appuie sur les cas bien documentés d’hémorragie de diamants quittant l’Angola, la RDC et la Sierra Leone.

Bien que le PK ait sans aucun doute réduit le flux des diamants du conflit, il est difficile de quantifier avec exactitude les niveaux actuels de diamants illicites dans la chaîne d’approvisionnement. La raison est autant une question d’histoire que de définition.

D’une part, les guerres alimentées par les diamants en Angola, au Liberia et en Sierra Leone ont pris fin. La situation politique en République démocratique du Congo est fragile, et bien qu’il soit possible que les diamants alimentent une part de l’instabilité, il n’y a pas de foyers majeurs de diamants du conflit tels qu’habituellement définis. La République centrafricaine, de même que le Nord de la Côte d'Ivoire, qui était sous le contrôle des rebelles jusqu’aux élections de 2011, sont les seules sources récentes de diamants du conflit.

Lorsqu’il s’agit d’évaluer les flux actuels de diamants illicites, le plus grand défi tient à leur définition. Dans le passé, le PK définissait les diamants du conflit comme étant uniquement ceux qui finançaient un conflit mené par des groupes rebelles contre des gouvernements. Toutefois, le PK ne tenait pas compte de la façon dont les conflits et l’illégalité évoluent au fil du temps.

Ces dernières années, les pires auteurs de violence dans les régions productrices de diamants n’ont pas été des rebelles, mais des acteurs étatiques. Les pires exemples sont le Zimbabwe et l’Angola, où les forces de sécurité contrôlent des régions minières contestées, et où il a été documenté qu’elles maltraitent couramment et systématiquement les mineurs artisans et les collectivités locales.

PAC réclame depuis longtemps une nouvelle définition, plus englobante, des diamants du conflit, qui reflète le rôle que jouent les acteurs étatiques dans les violations des droits de la personne dans les zones diamantifères. À notre avis, toutes les violations des droits de la personne dans les zones de production de diamants sont odieuses, que leur auteur soit un rebelle ou un soldat du gouvernement. C’est pourquoi PAC travaille présentement avec les gouvernements et le Conseil mondial du diamant afin que le PK en vienne à adopter une définition plus complète, qui tienne compte des réalités actuelles.