PAC et le Processus de Kimberley : Un historique

Le « Processus de Kimberley (PK) » a vu le jour en mai 2000, dans la ville de Kimberley, où l’on a découvert les premiers diamants de l’Afrique du Sud dans les années 1860.

Préoccupé par la façon dont les guerres alimentées par les diamants en Angola, en Sierra Leone et en République démocratique du Congo étaient susceptibles de nuire au commerce légitime dans d’autres pays producteurs, le gouvernement de l’Afrique du Sud a convoqué une rencontre entre les gouvernements de pays producteurs et de pays commerçants, l’industrie et des ONG, dans une tentative de lutter contre le problème des diamants du conflit — un problème sur lequel les ONG et les Nations Unies avaient attiré l’attention du public au cours des 18 mois précédents.

Il a ensuite fallu trois années de rencontres sur une base régulière pour élaborer un système de certification international pour les diamants bruts – le Système de certification du Processus de Kimberley (SCPK).

PAC est intervenu dans le dossier des diamants du conflit en 1999, préoccupé par l’absence d’intérêt international pour l’horrible conflit qui faisait alors rage en Sierra Leone. Lorsque nous nous sommes demandé comment une aussi terrible guerre avait pu durer aussi longtemps, notre attention s’est rapidement portée sur les diamants.

En janvier 2000, PAC publiait « Le cœur du problème : La Sierra Leone, les diamants et la sécurité humaine », un rapport qui a beaucoup fait parler de lui dans les médias. Ce document offrait la première explication « logique » de la guerre et de sa durée, et il a aidé à attirer sur la Sierre Leone une attention internationale plus que nécessaire. Le Comité des sanctions de l’ONU contre l’Angola a par la suite publié un rapport sur les liens entre les diamants et les armes, confirmant ce qu’avait dit Partenariat Afrique Canada au sujet de l’industrie du diamant en général et du rôle particulier de son principal centre de commerce, Anvers.

En mai 2000, PAC participait à la première réunion, convoquée par l’Afrique du Sud, de ce qui est plus tard devenu le Processus de Kimberley. Deux mois plus tard, en juillet, le dialogue avec l’industrie du diamant a donné lieu à une invitation au Congrès mondial du diamant à Anvers, ce qui a entraîné la création du Conseil mondial du diamant, l’autre groupe observateur au sein du PK. Ian Smillie, alors coordonnateur de la recherche chez PAC, a pris un congé afin de participer au deuxième Comité d’experts du Conseil de sécurité des Nations Unies, chargé d’étudier les liens entre les armes et les diamants en Afrique de l’Ouest.

PAC a participé directement à toutes les réunions de négociation du PK de 2000 à 2002, ainsi qu’à toutes les principales réunions depuis le lancement officiel du SCPK, en 2003. PAC siège actuellement aux groupes de travail du PK sur le suivi, les statistiques, les règlements et procédures, et la participation; il a participé à des missions d’examen dans plus de 15 pays. Nous coordonnons aussi le travail de la Coalition de la société civile du PK, un réseau d’organisations non gouvernementales en Afrique, en Europe et en Amérique du Nord, qui s’emploient à mettre un terme aux conflits associés aux diamants.

Ces dernières années, nous avons exprimé nos préoccupations quant à la manière dont le PK a tergiversé lorsque confronté à des cas évidents de non-conformité par des pays participants — en particulier le Venezuela et le Zimbabwe. Nous avons tiré deux conclusions de cette expérience. La première, c’est que le PK est trop important pour subir un échec, et que la perspective de retourner à un monde où un produit potentiellement si dangereux ne serait pas réglementé n’est pas envisageable, particulièrement dans le contexte de l’après 11 septembre, où les diamants se prêtent si facilement au financement d’activités terroristes. La deuxième conclusion, c’est que le PK n’est pas à lui seul un outil suffisant pour contrer les innombrables moyens que prennent des criminels de tout acabit pour contrôler les zones de production de diamants, et y faire de la contrebande et du terrorisme.

Cela dit, PAC a réagi de deux façons. Malgré nos sérieuses réserves quant à l’orientation qu’a empruntée le PK ces dernières années nous avons, de concert avec nos partenaires de la société civile, redoublé d’efforts pour réclamer des réformes structurelles qui rendront le PK plus sensible et adaptable face à l’évolution de la criminalité et à toute autre difficulté à laquelle il risque d’être confronté. À maintes reprises, nous avons élaboré et défendu des réformes ambitieuses, à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du PK. 

PAC a aussi adopté une approche à multiples facettes pour faire en sorte que l’industrie du diamant soit durable et gérée de façon responsable. On trouvera plus de détails à ce sujet ici.